Action - Morale - Politique - Droit

Publié le par Amandine

ACTION


Du latin actio « faire, agir »

Fait de produire un ou des effets dont on est la cause en modifiant des objets (choses, autres personnes ou soi-même), et par lequel on réalise volontairement une intention.


La philosophie antique opposait l'action et la contemplation.

D'une façon générale, c'est la capacité de déployer une énergie en vue d'une fin.

Mais les fins que nous nous donnons sont aussi morales et universelles : l'action désigne alors l'ensemble de nos actes, en particulier de nos actes volontaires.



MORALE


Du latin mores « moeurs »

Ensemble de règles de conduite et de valeurs au sein d'une société ou d'un groupe

Doctrine raisonnée indiquant les fins que l'homme doit poursuivre et les moyens d'y parvenir.


La question des fins

La philosophie morale cherche à répondre, sous la seule autorité de la raison, à la question des fins et de la destination de l'homme, pour éclairer ses choix pratiques. Le bien est un principe d'évaluation permettant de déterminer quelles sont les fins que doit se proposer l'action humaine. Poser les fondements d'une vie bonne c'est poser du même coup les fondements d'une vie heureuse.


La raison pratique

Kant propose au contraire une morale du devoir, avec une exigence d'universalité : «  Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne universelle », en toute circonstance et sans tenir compte des conséquences. La morale kantienne n'est pas une morale du bonheur, mais une morale du mérite. L'action morale n'est pas celle qui rend l'homme heureux, mais celle qui rend l'homme digne de l'être. La loi morale ne dit nullement ce qu'il faut faire ici.

Or il y a des circonstances où le choix est impossible > « conflits de devoirs » que la morale est impuissante à résoudre.


L'éthique des situations

Seul le recours à une forme de sagesse pratique permet alors de fonder un choix. Appliquée à des situations particulières, on parle d'éthique ; le terme de morale se trouvant ainsi réservé à une réflexion sur les principes.



POLITIQUE


Du grec polis « cité »

Art de gouverner la cité, de diriger l'Etat


La nature de la politique

Pour Platon, la politique suppose un savoir théorique.


Le fondement de l'autorité politique

Théorie du contrat social : création artificielle (conventionnelle) des hommes :

  • Ne plus identifier le politique au religieux,

  • Ne pas en faire un mode d'existence naturel des hommes (contrairement à l'opinion d'Aristote qui qualifiait l'homme d' « animal politique »),

  • Conférer à l'État la mission de protéger les droits des individus.



DROIT


Le droit est né de la nécessité de régler, voire de rectifier les relations entre les hommes.


Pour Kant, les hommes sont insociablement sociables : ils veulent vivre en société, car ils savent que c'est nécessaire, mais chacun n'est pas disposer aux exigences de la vie en collectivité. Livrés à eux-mêmes, les rapports humains seraient donc passionnels, engendreraient conflits et insécurité. D'où la nécessité d'un arbitrage impartial s'appliquant équitablement.


L'impossibilité de fonder le droit sur le fait

Rabattre le droit sur des rapports de force naturels est en réalité un déni du principe même du droit (cf : Calliclès dans Gorgias de Platon 483sq.).


Droit naturel et droit positif

Sans société ni loi, les hommes seraient obligés d'instaurer le droit.

Pour Hobbes, c'est en vertu de la « loi de nature » qui « interdit aux gens de faire ce qui mène à la destruction de leur vie », qu'il serait obligatoire de sortir de cet état d'insécurité en instaurant l'association, le droit et le pouvoir. C'est pour corriger la nature. Ce n'est pas la nature, mais la raison qui institue le droit. Le droit (naturel) rectifie le fait (le droit positif).


Les conditions de légitimité du droit

A quelles conditions une loi est-elle juste? Légitimité # simple légalité.

Il faut que le droit soit institué de telle sorte que chacun y reconnaisse les conditions de satisfaction équitable de ses intérêts.

Pour Rousseau, la condition de légitimité du droit est sa conformité à la volonté générale.

S'il remplit ces conditions, le droit pourra user de la force (droit pénal), non plus comme d'un fondement abusif, mais comme un instrument de respect des lois, càd de liberté. Car le droit est rendu nécessaire par l'incapacité des individus à régler spontanément leurs relations. Contrairement à la morale, qui repose sur la seule autorité de la conscience de chacun, le droit est nécessairement contraignant.

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