LA SCIENCE

Publié le par Amandine


  • Déf 1 : Savoir conscient de lui-même (~ connaissance)

  • Déf 2 : Ensemble des discours objectifs universellement reconnus pour vrai car démontrer ou prouver.

  • Déf 3 : Ensemble des connaissances bien fondées relatives à un domaine déterminé


Démontrer = faire usage de la logique, fabriquer des enchaînements de raisons (raisonner)

Prouver = se référer à l'expérience, vérifier expérimentalement


L'histoire est-elle une science?

  • Fabrication de preuves et expérimentation impossibles pr prouver, seulement constat (observer # expérimenter). Ms histoire est connaissance du passé dc pas une observation. On parle de science molle car ses causalités sont trop complexes ou échappent à l'ordre de la nature # science dures (maths, physique).


I – Pourquoi construire des savoirs scientifiques?


  • mythe de Prométhée chez Platon

  • Connaître est une nécessité vitale chez Bergson (fonction de l'intelligence)

    « Nous tenons l'intelligence humaine pour relative aux nécessités de l'action »

  • Désir de connaître peut-être une fin en soi


A) Aristote, La Métaphysique

  • « Tous les hommes désirent naturellement savoir » > plaisir des sensations, en dehors de tte utilité : les sciences plaisent par elles-mêmes.

  • Ms tte connaissance n'est pas science car différents degrés de connaissance : on peut avoir connaissance limitée d'un seul cas sans connaître la règle générale

    > Celui qui détient la science connait la règle, la cause, l'universalité

    > Science connaissance de la nécessité

  • Celui qui possède l'art est supérieur à l'homme d'expérience car il a une connaissance plus poussée des effets, il les mets en relation = savoir-faire

  • Ms l'homme d'expérience peut aussi lui être supérieur car succès plus pratique puisque connaissance de l'individuel (# l'art universel)

    > connaissance de l'individuel nécessaire à l'action

  • Tt ce qui relève de l'action pas tjrs science : sc. pol, éco son seulement exercice de la prudence (phronêsis) car phénomènes caractérisés par la contingence dc pas démontrables.

    > Science disposition capable de démonter

  • La science par excellence est la sagesse (voire philo), celle qui recherche les 1ères causes et les 1ers principes, supériorité face aux sciences pratiques (ex: architecte/maçon)

    + Sc pol. : science architectonique, science du bien visée par une collectivité

    + Sc de l'universel : connaissance en puissance de ts les cas particuliers

    > Le plus sage, celui qui détient la science, doit commander.

  • Une science ne tire pas sa valeur de son utilité, effort théorique pas subordonné à l'effort pratique : Il y a des arts dt le but est de pourvoir aux nécessités de la vie, à l'agrément de la vie, et ni l'un ni l'autre.

    «  Les 1ers philosophes poursuivaient le savoir en vu de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire »

  • Mm si science procure plaisir, ce n'est pas pour le plaisir que nous la cherchons

    > Fin en elle-même, discipline libérale

    > Recherche de la science est le couronnement de l'activité humaine, on parfait son intellect, elle nous rapproche de la divinité, elle immortalise.

  • Plaisir pris à un apprentissage, augmente l'efficacité de l'apprentissage


B) Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances

  • désir peut être entravé par circonstances défavorables

  • faculté des plaisirs grossier peut détourner



II – Les obstacles à la connaissance de la vérité


Descartes, Discours de la méthode

  • « Nous avons ts été enfant avant que d'être homme » > héritage infantile explique la tendance à l'erreur

  • Bon sens (= puissance de bien juger et distinguer le vrai du faux) présent chez ts les hommes, même outil ms pourtant compréhension différente

  • Diversité des opinions, prémisses différentes > argumentations différentes > conclusions différentes

    « Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, ms le principal est de l'appliquer bien »

    => pas une question de talent ms de méthode « La raison est tte entière en chacun »

  • L'erreur ne peut provenir que d'un défaut de méthode


III – Les obstacles à la construction de la science


  • Bacon, Novum Organum : mécanisme de la superstition

  • Pascal, Pensées et opuscules : l'imagination et ses pouvoirs

  • Lévi-Strauss, Anthropologie structurale : la conscience est l'ennemie secrète des sciences de l'homme

  • Bachelard, La formation de l'esprit scientifique :

    -> concepts flottants et précisions intempestives

    -> la science s'oppose absolument à l'opinion

-> l'esprit scientifique est entravé par des convictions premières et des connaissances élémentaires


IV – La méthode de la science


  1. Science et sens commun

a – Platon, Le Théétète

  • Le philosophe est celui qui désire la sagesse entière (morale + intellect) et dc s'intéresse à ttes les sciences

  • Désir et plaisir d'apprendre sont communs aux philosophes et à d'autres :

    les amateurs de spectacles, les hommes d'action, mais ils rêvent car croient aux apparences, à l'opinion

    > Les apparences n'ont qu'une existence relative dc on ne peut les connaître que relativement

    « Ce qui absolument, est connaissable absolument »

  • La nature de l'objet défini la possibilité ou non de la connaître (connaissance du sensible impossible)

    > Opinion a pour objet l'apparence et la science l'être

    « L'opinion c'est la faculté qui rend capable de juger sur l'apparence » : ce jugement peut être faux


b – Bachelard, Formation de l'esprit scientifique

1. Opinion 1er obstacle à surmonter

- Il faut cerner l'objet par un langage précis, définir correctement les objets

- Effort d'objectivité, rompre avec les besoins humains

- Savoir poser des problèmes grace à l'imagination > position de recul

-> La science se construit contre alors que l'opinion suit le mouvement

2. Obstacles épistémologiques internes à l'être humain

- Il faut penser contre le cerveau qui coordonne gestes et appétits qui peuvent faire obstacle

- Méfiance à l'égard du dogmatisme > pas trop empiriste pas trop rationnaliste

3. Obstacle à la transmission de la culture scientifique

- Emerveillement peur emprisonner l'esprit comme le trop concret et la généralisation abusive

-> Les obstacles se présentent tjrs par paire « L'esprit doit se former en se réformant »

- Familiarité : on reconnaît dc on croit connaître (ex : éponge)

4. Obstacle substancialiste


c – Descartes, Discours de la méthode

  1. Se fier à l'évidence

  1. Diviser les difficultés en difficultés plus simples

  2. Aller du plus simple au compliqué

  3. Dénombrer, s'assurer qu'on a fait le tour de la question

> Avoir conscience de l'inachevement de la science est une nécessité méthodologique qui favorise le progrès ms c'est aussi une limite

  • La science ne peut poser des éléments sans contact ac l'expérience. La précision est un résultat pas un principe. La définition n'est pas le point de départ mais le résultat d'une confrontation entre pensée et réel.


  1. Science et méthode

  • Mécanisme des opérations intellect effectuées par un sujet n'est pas tjrs transparent pour le sujet lui-même

  • Intuition qui est une affaire d'entrainement

  • Le raisonnement est un outil de vérification pour les maths / l'expérience celui de la physique

    > validité prouvée par usage raison et observation

  • Critiquer = sélectionner : le critère est un principe de tri

  • Lorsqu'une théorie est tjrs confirmée, qu'il n'y a pas moyen de l'infirmer, elle n'est pas une science!

  • Objectivité est une construction collective : discution, science en construction, permet critique (Popper)

  • Conceptualisé c'est unifier, dépasser le simple stade de l'exemple

  • Idées platoniciennes dôtées d'objectivité (ici ce qui appartient à l'objet, existe indépendement de l'esprit humain) et d'intersubjectivité # concept d'objet produit par l'entendement pour Kant

  • Kant > chose en soi est inconnaissable, on ne connait que le phénomène grâce à la sensibilité (apparence)


  1. Science et imagination

Pascal, Pensées

  • Imagination = faculté productrice d'erreur : parfois vrai parfois faux > déroutant

  • Ennemie de la raison ms 2ème nature de l'homme

    •  

      Sartre, L'être et le néant

  • Imagination = capacité de la conscience à se représenter (« puissance néantisante du pour soi »)

  • Nait de l'insatisfaction, projet d'expliquation qui vient de la conscience


V – L'usage de la raison et ses limites

  • Maths maitrise complète car objets connus # sciences expérimentales car le chercheur doit définir l'objet

  • Induction = procédé par lequel on conclut à partir de l'expérience pour en tirer une règle

  • Déduction possible seulement après l'induction

  • Descartes : mathématique universelle > mathématiser la connaissance


A) Merleau-Ponty, Causeries

  • projet de l'objectivation # objectivité pleine

    > pt de vue est localisé dc pas plus vrai qu'un autre ms +/- déformant > d'où communauté scientifique

  • Caractère limité de l'observateur : besoin de plrs éclairages pr ne laisser aucune ombre > travail en commun

  • Ambigueté des choses, trop complexes pr être désignée par 1 seul mot

  • Simplification intellectuelle est un danger pratique


B) Morin, Introduction à la pensée complexe

  • Besoin d'être autocritique

  • « La connaissance scientifique a pour mission de dissiper l'apparente complexité des événements »

    > gain d'intelligence + simplicité = loi, régularité ms simplification mutile les réalités

  • Comment envisager complexité de façon non simplifiante?

  • 2 causes d'erreurs : de fait + de logique ms aussi ds le mode d'organisation du savoir

  • Ignorence peut être concomitante ac la science « nvelle ignorence liée au dév de la science »

    > Progrès ouvre nouvelles possibilités d'erreurs

    •  
      •  

      • Gödel : théorème d'incomplétude

    • - Indécidable : on ne peut pas connaître la valeur de vérité

      - Théorie est incomplète quand elle contient des énoncés indécidables

      - Construire un métasystème qui permet de faire progresser la science

      > vision plus complète ms nouveaux problèmes « Barrière infranchissable de la science »

      - Ms faut pas s'arrêter de chercher sous peine qu'il n'y a pas d'achèvement > chercher le plus complet

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  • Il faut se prémunir du scientisme borné et des idées clés qui prétendent ouvrir ttes les portes

  • Complexité doit nous rendre prudent, pas inactif, nous préparer à l'innattendu

    « l'homme est une machine non triviale » (=on ne sait pas ce qu'il en ressortira)

  • Vie sociale exige comportement comme une machine triviale ms individus et collectivités ne le sont pas

  • L'organisation de la pensée détermine ce qui est central ou pas

  • Hyperspécialisation : morcelle tissus complexes des réalités > pensée complète nécessite transdisciplinarité

  • Homme caractérisé par l'hyper-complexité (être naturel ms différent)

  • «  Ni broyer les différences, ni occulter l'unité, dépasser l'alternative » > révolution paradigmatique

    > dépasser distinctions tranchées

    > concevoir le simple pas comme une substance au fondement ms comme un passage entre 2 complexités

    > penser la réalité en terme de système (= association combinatoire d'éléments différents)

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    Holisme : théorie sociologique selon laquelle la collectivité n'est pas réductible à la somme des individus qui la composent > culture pré-existe à l'individu qui s'en impreigne.

  • => Pour comprendre le vivant, il faut poser une logique de la complexité, dépasser l'alternative traditionnelle car création d'un ordre à partir du désordre + modifier la notion que l'on a de l'objet

  • Une distinction est en même temps une mise en relation, l'opposition shématique est obtsacle et outil

  • Exigence d'unité et de transdisciplinarité

    Rationalisation : tendance à écarter de notre esprit ce qui contredit notre théorie càd que nous minimalisons les faits ou les arguments qui lui sont contraires.

  • 3 principes :

    - Dialogisme : ordre et désordre sont 2 ennemis, l'un supprime l'autre, ms collaborent et produisent ensemble > permet de maintenir la dualité au sein de l'unité

    - Récursion organisationnelle : particule est à la fois mue et motrice, produit réagit sur le producteur

    - Hologrammatique : on ne peut concevoir la totalité sans la partie et vice-versa

     

C) Camus, Le mythe de Sisyphe

  • La question existentielle est prioritaire ms le questionnement perpétuel peut être paralysant

    « comprendre le monde pour un homme, c'est le réduire à l'humain, le marquer de son sceau »

  • « L'absurde nait de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde »

    -> nostalgie de l'unité, la science est un effort pour réduire ce divorce entre l'homme et le monde, pour le comprendre et le dominer

  • Pourtant elle se solde par un échec, car elle n'apprend qu'à classer et au final on arrive qu'à des hypothèses


D) Pascal, Les pensées

  • Effort pour penser la science à partir de la condition humaine > il y a des savoirs futiles et d'autres utiles

    « La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'ignorence de la morale (...) mais la science des moeurs me consolera toujours de l'ignorence des sciences extérieures »

    > La science ne nous indique pas comment nous conduire

  • La science élargit le possible des techniques mais ne nous pousse ni vers le bien ni vers le mal.

  • Mais elle représente un objet de tentation.

  • Elle ne donne pas non plus une connaissance satisfaisante -> impuissance de l'homme à connaître

    > homme situé entre 2 infinis : l'infiniment grand et le néant « un milieu entre rien et tout »

    > le monde ne peut faire l'objet d'une connaissance

  • Aveuglement car on pense posséder les petites ch par rapport au grd alors que mm problème théorique

  • 1ère limitation est sensorielle, les choses extrêmes nous échappent.

  • Mais cela ne signifie pas que la science est impossible et ne sert à rien > elle est seulement bornée

  • => Bien penser c'est connaître la condition de l'homme



Publié dans Philosophie

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