Le livre XII des Métamorphoses d'Ovide

Publié le par Amandine


Les Grecs à Aulis



    Ce passage donne le motif de la guerre de Troie (l'enlèvement de la belle Hélène). On assiste à la métamorphose d'un reptile en pierre : la pétrification du serpent fixe la durée de la guerre dans la pierre. Elle durera 9 ans suivant le présage des 9 oiseaux.





Iphigénie



    La mer est agitée et refuse toujours de laisser passer les guerriers. On décide de donner en offrande le sang d'une vierge, la fille d' Agamemnon, Iphigénie. La déesse Diane touchée par ce sacrifice change la jeune fille en biche lors de la cérémonie.








La Renommée



    Description raffinée, précise et détaillée. Le plaisir d'écrire est de mettre en place ce mouvement, cette aventure. Ovide aime rajouter des petits détails, il a du goût pour le superflu comme si c'était devenu nécessaire pour que le texte existe. Il s'agit de l'allégorie de la Renommée (on pourrait dire rumeur ?) qui contient elle-même 6 autres allégories ( la Crédulité, l'Erreur, la Fausse joie, la Terreur, la Sédition [émeute populaire], et les Chuchotements).



Achille et Cygnus


    Ce passage donne une image écornée de héros Achille. Il s'agit du permier combat entre les Grecs et les Troyens, c'est celui de Achille et Cygnus qui se clot sur une métamorphose. Achille est fils de Pélée et il y avait eu une prédiction à sa naissance : le fils surpasserait le père. Malgrès les attributs propres au héros (épée, comparaison avec un taureau...), Ovide a voulu se détacher de l'épopée classique par la remise en cause du héros. En effet, on obeserve une dévalorisation, pas de gestes nobles, Achille est montré sous un jour cruel, assoifé de sang. La comparaison au taureau montre sa force mais aussi sa barbarie. On voit aussi que Achille lui-même n'arrive pas à causer la blessure fatale et qu'il s'interroge sur ses propres capacités, il en devient presque ridicule. On a ici une parodie burlesque de l'épopée. Du coup Ovide est plus élogieux envers Cygnus au point que la réputation d'Achille appparaît comme un mensonge, une fausse rumeur. Cygnus remet en cause la réputation d'Achille par la Renommée. Cygnus est métamorphosé afin de ne pas rester vaincu. Achille est décontenancé comme si on lui avait joué un mauvais tour. On retrouve la question étiologique par la métamorphose de Cygnus en cygne.



Cénée


    Récit enchassé, c'est une pause qui montre une scène typique de l'épopée, le festin qui permet de sortir du tumulte de la guerre et de discuter. De plus, elle permet à l'écrivain de décrire une fête avec réalisme. C'est également l'occasion de malmener Achille encore une fois. Nestor fait le lien entre Cygnus et Cénée avec qui il a combattu en racontant la métamorphose de Cénis en Cénus. Cénée est née femme. Neptune exhausse le souhait de celle qu'il vient de violée, la belle Cénis. On a une parenthèse érotique avec un dialogue entre les deux personnages. Neptune veut se faire pardonner. Il y a un effet de surprise dans la métamorphose car Cénis incarne elle-même la métamorphose, par la mutation de sa voix. On l'entend avant de la voir. A la transformation d'une femme en homme, s'ajoute l'invulnérabilité.



Combats des Lapithes et des Centaures


    Il s'agit ici d'une mise en abyme, d'un récit enchassé qui est un plaisir de l'écrivain, une digression. La cause du conflit est la possession d'une femme au cours des noces de Pirithoüs et Hippodamé. Ovide fait de ce combat, qui pourrait être de l'épopée, autre chose.
Le récit commence bien avec le bonheur d'une noce, puis des centaures ivres déclenchent un combat. Il y a une certaine instantanéité de l'ordre au désordre, avec du mouvement et un choas décris rapidement à vive allure. Cependant, le temps est pris pour la description de détails et de blessures. On note un aspect grostesque et des procédés de l'épopée ajouté à des amplifications et des hyperboles. Ovide est plus proche de Rabelais ( ah bon ?) que de la violence épique car il s'éloigne des critères classiques vers le gigantisme. On peut peut-être dire qu'il y a une certaine ironie. En tout cas c'est un travail d'écrivain et d'imagination. Ovide prend plaisir à détourner le genre noble de l'épopée en une parodie.
    La mort du centaure et la description de celui-ci est une pause en contraste avec le combat, c'est un hymne à la beauté parmis le massacre, on a la description d'un amour parfait. Comme dans le livre X, l'amour ne peut se faire faire à la séparation.



Cénée


    On est de retour à Cénée point de départ du récit de Nestor, il achève son récit. Neptune avait donné un don à Cénée, invulnérabilité par le fer. Ici Cénée meurt étouffé par le poids d'un arbre et est transformé en oiseau, en flamant rose symbole de sa grace féminine passée. C'est un intermède par rapport à la trame historique, aux exploits guerriers. On a un nouveau motif en rupture avec ce qui a précédé.



Périclymène


    Nestor raconte la mort que Hercule a infligé à son frère qui avait le don de se métamorphoser à volonté. C'est ici encore une digression, il n'y a aucune légende sur cette histoire. Le lien se fait par la race des assaillants. Le prétexte est la haine de Nestor envers Hercule. On a une analepse, comment le frère de Nestor a péri? Le récit de cette mort à un triple but :
- fonction séductrice, incitative pour continuer à intéresser le lecteur;
- rendre hommage à son frère;
- raconter la dernière métamorphose du livre XII.
    Ovide mèle plusieurs légendes, il n'y a pas de vérité.Il impose sa version d'une légende. Ce qui l'intéresse ici c'est que la victime prend une forme animale et que le texte devient très réalsite pour expliquer l'agression et surtout le processus mortel. On a une description presque médicale. Sa mort n'est pas tellement du à la blessure mais au poids du corps sur la blessure. Est-ce vraiment Hercule ? Il est dévalorisé, il joue plus sur sa chance que sur son art. Sorte d'irionie. L'écriture ovidienne récuse l'héroïsme. Eloge funèbre de Périclymène.



La mort d'Achille


    Ce chapitre clot le livre XII, il est dans la continuité logique, historique. Ce passage se caractérise par l'ambiguité, Achille est partout défini comme un héros mais ici il est dévalorisé, c'est un faux éloge.
Nestor commence par rappeller que Achille est un fléau, il a fait des dégâts, c'est un personnage sanguinaire, plus animal qu'humain. On a aussi une dévalorisation de la guerre et un repositionement, à travers une parodie ou pastiche, de l'éloge funèbre. Ovide ne peut pas changer les circonstances de sa mort mais il insiste sur sa lacheté et son manque de  virilité. On peut même parler d'ambiguité  sexuelle. Ovide est provoquant et irrévérant "un je ne sais quoi", il fait preuve d'irrespect mais en même temps c'est une façon de dire le peu d'importance que  ce héros a dans son esprit. Achille devient comme un anti-héros. En le dégradant, dévalorisant, l'écrit métamorphose le héros.

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