Le livre XI des Métamorphoses d'Ovide

Publié le par Amandine & Alix




La mort d'Orphée


    Orphée est massacré par les femmes Thraces qui sont furieuses de son indifférence. Ce sont les Bachantes ou Ménades; dans la mythologie gréco-latine, elles incarnent la folie, la démesure. On les trouve généralement dans les forêts, violentes et exitées.  Orphée subit le ressentiment de la gente féminine. Les Ménades portent des peaux des bêtes ce qui symbolisent leurs sauvageries (cf la mort d'Adonis - le sexfriend de vénus) et annonce la mort du narrateur.

    On note le champ lexical du bruit avec le combat entre deux sons : victoire des sons violents sur les chants d'Orphée. Cette défaite ce voit aussi dans le paysage qui est recouvert de sang. Agressée la nature n'entend plus la lyre d'Orphée.
C'est la victoire du cri sur le chant, de la sauvagerie sur la poésie, défaite de la culture au profit d'une nature sauvage et violente.
    Les Ménades veulent ramener la nature à un état sauvage, elles détournent les objets d'un rôle positif à un rôle négatif. C'est un immense retour en arrière vers le chaos.
   
    La mort d'Orphée permet de recréer le couple, Euridyce le reçoit, c'est la véritable fin du livre X. On note un cliché poétique "son âme s'envôle dans les airs", poétisation de la mort pour la rendre acceptable.

Conséquences : Nature consternée, tableau pathétique et lyrique, tous les éléments de la nature sont en deuil, les responsables vont être punis.



Châtiment des Ménades


métamorphoses végétales en pierres ou en arbres pour les figer sur le lieu de leur crime. Ceux qui remettent en cause le statut sacré de l'artiste seront punis. Ces femmes sacrilèges sont immobilisées. Même si elles étaient nombreuses  et fortes, leur victoire est illlusoire, elles deviennent faibles et perdent face à la poésie.


MIDAS


C'est en quelque sorte un intermède joyeux dans le livre: personnages naïf, léger, obsédé par l'or,châtié pour sa bêtise. Il est tout heureux et ne comprend pas que ce que le dieu sait déjà, c'est à dire le malheur.

Plaisir d'Ovide: décrire avec soin la métamorphose

Baccus accepte de pardonner>>retour à la bienveillance des dieux (donc retour à Myrrha).

 L'eau bénéfique lave Midas de son voeux, donc le fleuve se charge d'or

Ovide explique un fait concret par une légende [ici ce sont les sables orifères du fleuve Pactole.

lien avec les Oreilles de Midas: "dégoûté de la richesse" première ligne du mythe qui suit.

LES OREILLES DE MIDAS

Mise en place de la joute symbolique entre Pan [champêtre, sauvage, rusticité] et Apollon [classique, harmonie,beauté].

Apollon: richement vêtu, lyre ornée de pierres précieuses/// Pan: satyre, avec une banale flûte de bois

Le combat paraît inégal [rappel Pygmalion: Nature contre Art]

Juge: Tmolus, montagne personnifiée par Ovide comme un vieillard plein de sagesse.

Victoire de la culture sur le primaire

Midas est incapable de faire le bon choix (c'est à dire la grâce de la musique classique). il ne comprend pas ce qu'on lui repproche. Il est accusé de "faute de goût": il n'aime pas la conception du Beau d'Ovide. Donc il est sot.

Métamorphose ridicule: il a choisi avec "l'esprit de l'âne aux pas lents", donc oreilles d'âne.

Dans l'épisode précédent il aimait l'or, il est tombé dans l'extrême inverse. Il est lent, excessif [caricature des extrêmes]; c'est l'emblême de la sottise en général.




Laomédon et Hésione



    Le personnage dominant est le roi Laomédon qui est perfide. Il ne respect pas les paroles données entrainant ainsi deux grands châtiments qui s'attaquent à sa maison et son royaume.

On note un déplacement du lieu vers Troie, ce qui est une amorce du thème suivant (livre XII) de même pour le thème de la mer avec Neptune. C'est une transition assez rapide entre Orphée-Midas et la suite du récit plus historique.

L'idée est d'amener par la punition le thème de l'eau, de l'inondation qui vont être le thème majeur.







Pélée et Thétis



    On passe d'un registre épique à une littérature érotique. Ce passage nous explique comment s'emparer d'une nymphe protéiforme: on note ainsi le thème de la poursuite amoureuse, et celui de la métamorphose.

Ovide prend le temps de décrire le cadre précis, la grotte. C'est un paysage d'amour où l'amour sera poétique. On remarque également une mise en valeur de la nudité de la vierge avec beaucoup d'effets dilatoires (retardement). Thétis a beau tout tenter, elle obéira à la volonté des dieux.




Pélée chez Céyx


    Entrer en scène de Céyx, même technique du récit enchassé que pour Atalante et Hypomène.
Pélée est en exil, il trouve asile chez Céyx. Opposition entre Céyx qui pleurt la mort de son frère (Daedalion, lui-même contraire de Céyx) et Pélée qui a tué son propre frère. Ici, le thème est celui du dueil et de sa douleur. Pélée étonné de la tristesse de Céyx va entendre l'histoire de Chioné (nièce de Céyx) et de Daedalion, qui aura pour thème l'amour, la mort et la douleur, virant à la tragédie.




Daedalion et Chioné


    Structure close du récit. L'oiseau dont on parle était un homme.
Ici, c'est une double histoire car d'abord c'est celle de Chionée victime d'une rivalité entre Mercure et Apollon. Dans celle-ci, Chioné subit deux métamorphoses, la première par la baguette qui endort et la seconde par le double viole. L'idée est de faire comprendre pourquoi Chioné si jolie va devenir un modèle d'orgueil et attirer la colère de Diane. La tonalité pathétique est ici employée car on a une expression de la douleur.
  
Chioné morte, le chagrin de son père est monumental, c'est la deuxième histoire. Daedalion au moment de sauter dans le vide est métamorphosé en épervier. L'animal agresse sans arrêt les autres mais il est néanmoins pathétique car son acharnement est à la mesure de sa douleur. Il inspire à la fois la crainte et la pitié, "et affligé, il devient pour autrui un motif d'affliction". A la fin du passage le vocabulaire de la mer annonce le fait que Céyx deviendra un oiseau marin.




Le loup de Pélée


    Rebondissement du texte car métamorphose du discours. Texte épique dans lequel les femmes vont prendre une place importante. Nouvelle métamorphose en pierre.

Le bouvier vient annoncer à Pélée que ses bêtes sont attaquées par un monstre. Suit le récit du messager avec une péripétie - passage du bonheur au malheur. C'est la légende du monstre qui fait peur, le loup. L'épisode vire au tragique parce qu Pélée comprend que ce monstre et en relation avec son crime. On note la qualité d'une description où la campagne devient sanglante avec la domination du rouge, du sang et des cris. Ovide fait le choix littéraire de faire porter à Pélée une responsabilité dans le meutre de son demi-frère. C'est la mère de Phocus (Psamathée) qui en envoyant ce monstre cherche à se venger du responsable. Ovide a ensuite besoin de faire sortir Pélée assez vite pour enchainer plus vite sur l'histoire de Céyx.
Ovide nous montre que les hommes armés sont plutôt inéficace et que ce sont les femmes en particulier Thétis qui évacuent le malheur. Thétis est la soeur de Psamathée alors elle la convaint de faire cesser les souffrances de son mari. Il y a une opposition entre une mère vengeresse et une épouse compatissante. Elles sont toutes deux puissantes car elle opèrent des métamorphoses rapides et efficaces. Ce passage anticipe sur l'importance à venir d'une autre épouse (Alcyone). L'épisode du monstre a aussi pour fonction d'introduire les tourments de celle-ci.



Céyx et Alcyone


    Le narrateur s'adresse au personnage féminin d'Alcyone et à sa souffrance à venir. Il s'agit d'une femme amoureuse qui voudrait protéger son mari.

Encore une fois, le texte se métamorphose: il passe d'une tonalité lyrique et pathétique à un registre épique.

Alcyone veut empêcher son mari de partir d'où un passage argumentatif, c'est un passage aussi théâtral car il y a beaucoup de gestes. L'idée developpée est que le couple ne forme qu'un, qu'il ne devrait donc pas y avoir de séparation. C' est aussi un discours sur l'éphémère de l'amour et sa fragilité d'où la plainte, les pleurs...On a le tableau d'une héroïne de la passion mais en même temps un pesonnage tragique car dans l'échec; elle ne peut que le regarder partir.

On note une évocation plastique du départ (comme un tableau). Avec une dégradation, le personnage diminue et l'espace (le vide) le remplace.

On retrouve le topos littéraire de la description de la tempête avec un mélange de tonalité pathétique et épique. Ce passage est un morceau de bravoure pour prouver le talent du poète. La tempête apparait tout d'un coup, la mer est déchainée, les éléments horizontaux deviennent verticaux, comme si tous les éléments rivalisaient pour abattre le navire. C'est une scène sonore et colorée, avec des teintes de couleurs sombres (mer noire, obscurité...) qui donne un présage funeste (cf: Myrrha), à la fois précis et global. De même, on retrouve l'idée du destin et de l'inéluctable. On a ici une imitation de l'épopée.
    On note un effet de reserrement sur le navire, et de recentrage sur Céyx. Le texte bascule à nouveau de l'épique au pathétique car l'arrivée de la mort est marquée par la rhétorique du manque, c'est à dire que les morts n'ont pas de tombeaux, pas de secours, pas de réponses, c'est le manque de ne pas mourrir sur leur terre. Il n'y a aucun repère, d'autant plus qu'Alcyone est absente pour Céyx. Toutes ses pensées sont pour elle. Il y a un déplacement des marins qui regrettent une tombe à celui qui regrette sa femme.
    Elle aussi sans le savoir est ballotée par la tempête, ironie tragique sur sa fidélité. Encore une fois amour = souffrance.



Le Sommeil


    Junon va faire apparaître un songe à Alcyone pour qu'elle ne vienne plus souiller ses autels.

On note une nouvelle métamorphose du texte car on passe du bruit de la tempête au silence de la maison du dieu. On a un contraste, comme une pause. La description de la caverne est une sorte de digression. Le personnage du sommeil est montré très allanguis, cette peinture d'un dieu permet de montrer toutes les facettes des dieux.

Nous n'avons aucune trace du passage de Céyx bien qu'il soit mouillé. Il a toujours l'abscence car elle chercher à l'enlacer. On retrouve des attitudes, des gestes du chagrin, c'est l'héroïne frappée par le sort. Les dieux sont cruels car sourds à sa lamentation. Céyx et Alcyone incarnent la fatalité pourtant ils sont des personnages pieux, sans tâches, on ne comprend pas pourquoi ils ont été punis ainsi.

Suit l'errance suicidaire de Alcyone. Elle aperçoit un objet flottant qui pourrait être Céyx. Elle calque ce corps sur sa propre situation en pensant à l'épouse du cadavre qu'elle aperçoit. La scène se clot par une reconnaissance, le contact visuel reconstitue le couple. Les dieux vont intervenir.

Suit la double métamorphose. Alcyone est d'abord métamorphosée puis c'est elle qui métamorphose Céyx. Pourquoi les dieux ont été cruels quand les deux amants étaient vivants et bons une fois métamorphosés en oiseaux ?




Esaque

    Le lien, un peu artificiel, est fait par un vieillard qui regardent les oiseaux.

C'est l'occasion pour Ovide de clore le livre XI. Le personnage en rapport avec l'histoire est le fils du roi Priam qui est une introduction au livre XII.

C'est une sorte de synthèse conclusive des épisodes précédents (la mort d'Eurydice), en rappellant notament l'histoire de Hyacinthe, Cyparissus...C'est encore une fois l'idée d'un personnage de tragédie, par ses geste et son discours, il fait preuve d'une raffinement tragique. Suit une métamorphose en oiseau.

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