Le thème de la mémoire

Publié le par Alix


-> Introduction: la mémoire de manière globale.

Serge Nicolas, dans La Mémoire humaine, une perspective fonctionnaliste, la décrit comme un sujet d'étude ancien, difficile à cerner. Il affirme néanmoins que "la mémoire joue manifestement un grand rôle dans notre vie psychique."

La mémoire: un phénomène sélectif (elle ne peut donc pas être objective). ->le plus souvent influencée par l'environnement social (on parlera de mémoire sociale et de mémoire collective). Elle n'est pas immuable.

Il existe "plusieurs" mémoires:
-la perception (mémoire olfactive, visuelle...)
-la mémoire de travail (retenue d'informations provisoires pour accomplir quelque chose: relire une phrase pour meiux la retenir, ou se répéter un numéro de téléphone...).

+ la mémoire à long terme, composée:
-d'une mémoire procédurale (les automatismes appris, résultant de l'habitude) [3 phases d'apprentissage: interprétation>compilation>automatisation]
-d'une mémoire déclarative (souvenir conscient des faits, des connaissances)
-une mémoire épisodique (ou autobiographique) sur nos propres souvenirs, notre passé.

=tout un système complexe.

se souvenir: l'enregistrement de l'information est global: on s'intéresse au contexte, au lieu, à notre émotion du moment...
->les souvenirs reliés à une émotion sont en général mieux retenus.

"Un souvenir est plus qu'un fait qui a sa date dans le passé: c'est un fait qui a sa date dans mon passé", (H.W. James.) ->la mémoire est liée à notre identité. La mémoire est indispensable à notre quotidien, à la construction de notre personnalité+ elle influence notre comportement.

->l'élément retenu sera classifié dans plusieurs mémoires, elles ne sont pas isolées les unes des autres.

se rappeler: acte pas toujours volontaire (ex: la madeleine de Proust qui renvoie à ses souvenirs.
si volontaire: il faut une "base" à partir de laquelle le souvenir reviendra.
[le terme de "métamémoire": il nous faut vérifier le rappel du souvenir, s'il n'y a pas confusion. On la considère comme un élément de contrôle.]

->possibilité de défaillance et de distorsion de la mémoire tout de même: l'oubli n'est pas anormal, puisque nécessaire à la sélection des informations
Différents types d'oubli:
banal
repressif (suite à un traumatisme)
provoqué (atteinte au cerveau)
regressif (lié à l'âge)

Freud place l'oubli comme un processus de refoulement

+possibilité de maladies dues à différents facteurs: l'âge, un événement violent, un accident...

Mémoire de l'individu: les liens avec la société

Les informations sélectionnées sont intégrées à des représentations:
"Une représentation est le produit et le processus d'une activité mentale par laquelle un individu ou un groupe reconstitue le réel auquel il est confronté et lui attribue une signification spéciale" (Albric).
=création de shéma ("structure organisée qui intègre nos connaissances et nos attentes relatives à un aspect quelconque du monde" (Bartlett).

les cadres sociaux de la mémoire: Locke présente la mémoire comme "un réservoir de souvenirs liés au présent par la conscience, et égocentrés".
Une part de souvenirs construite par la société; Halbwachs estime que la société est à l'origine de notre mémoire individuelle--->mémoire du groupe (groupe au sens large: société, communauté, groupe de travail...) // mémoire individuelle.
Halbwachs va plus loin encore:"Lorsqu'un membre du groupe perçoit un objet, il lui donne un nom et le range dans une catégorie, c'est-à-dire qu'il se conforme aux conventions du groupe qui remplissent sa pensée comme celle des autres" =le souvenir individuel est aboli: la société cadre notre mémoire, et l'individu s'y adapte de lui-même.
->notion de subjectivité du souvenir:  notre propre vision prend place dans le cadre des souvenirs, les influences. Adaptation à la nouvelle perception des événements.
Reste le lien avec la mémoire collectivité: le vécu personnel ne suffit pas à l'élaboration du souvenir.

->définir le terme de mémoire sociale: un concept humain englobant les rapports entre mémoire et société.
cf: mémoire collective. ->des événements de la sphère publique qui contribuent à structurer la biographie des individus appartenant à une collectivité.
une mémoire des solidarités, des conflits, des guerres... Et fondatrice d'identités.

La mémoire collective, c'est ce que tout le monde pense (elle n'existe en quelque sorte pas, comment uniformiser toutes les pensées d'une communauté?)
La mémoire sociale, c'est l'ensemble des souvenirs des membres d'un groupe face à un même événement.
Néanmoins, certains ne font pas la différence entre les deux.

Conclusion:
La mémoire reste essentielle: "Sans la mémoire, que deviendrions-nous? Nous oublierions nos amitiés, nos amours, nos plaisirs, nos affaires; le génie ne pourrait rassembler ses idées." Locke

Publié dans Psychologie sociale

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